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La Trilogie "PUSHER"

La Trilogie "PUSHER"
PUSHER la trilogie


Il s'agit d'une trilogie danoise realisee par Nicolas Winding Refn dont le theme central tourne autour des petit trafficants de drogues et des petits truands de Copenhague.

Premier film de son auteur, Pusher, réalisé il y a déjà 10 ans, suit la semaine pourrie de Frank, petit dealer en dette avec un trafiquant de drogue serbe et qui se retrouve à lui devoir encore plus de thunes suite à un gros coup qui foire. Frank doit donc se démener pour rassembler 230 000 couronnes en quelques jours, tout en jonglant avec son pote gentil mais relou Tony, Vic l'entraineuse avec qui il pourrait vivre le grand amour et Milo le trafiquant qui réclame son fric avec insistance, sans compter tout un tas d'emmerdes périphériques.

Tourné dans l'ordre chronologique et constamment collé aux basques de son personnage principal présent dans toutes les scènes (sauf une), Pusher est un polar qui ne révolutionne rien, mais sufisamment solide et carré pour accrocher. L'approche quasi-documentaire de Refn confère une grande authenticité à sa description du milieu des petits marlous. On n'est pas ici chez les gangsters de haut vol mais chez des types un peu minables qui survivent de petits coups en rêvant au grand banditisme (voir la scène glaçante où Frank et Radovan tentent de forcer un pauvre junkie à braquer une banque pour récupérer la somme qu'il leur doit). C'est d'ailleurs ce côté un brin pathétique qui rend les personnages crédibles et attachants. Refn décrit parfaitement le processus de mauvais choix qui conduit Frank à être l'architecte de sa propre destruction, ce qui le conduit vers une fin en suspens d'une implacabilité poignante. Au final, le film trouve son ton et son originalité dans son statut même de film de genre, à part au sein de l'industrie locale, qui l'amène à proposer une vision de la société danoise dont le moins qu'on puisse dire est qu'elle est sans équivalent dans le reste de la cinématographie du pays (en clair, on est pas chez Lars Von Trier).

Suite au bide monumental de son Fear X (coproduction internationale), Refn revient aux bercail et à ses personnages en 2004, obligé qu'il est de renflouer les caisses de sa boite de prod. Et par rapport à son prédecesseur, Pusher II : with blood on my hands est un saut qualitatif monumental. Cette fois ci le real s'attache au parcours de Tonny qui sort de prison pour aller travailler dans le garage de son père, qui le méprise, et découvre qu'il a un fils. Ici, plus question de suivre un chemin balisé, Refn prèfère emmener son film sur les rives de la tragédie, en bâtissant des personnages et des thématiques directement issues du théâtre antique. Les relations parents/enfants sont au coeur du script, des relations d'une violence morale écoeurante, où les pères méprisent des enfants prêts à faire n'importe quoi pour obtenir un brin de reconnaissance, ou bien sont incapables de leur témoigner leur amour. Un système relationel qui cadre finalement avec l'univers gris et triste du film, dans lequel l'amour n'a pas sa place, remplacé par la pornographie la plus crue et une misère sexuelle omniprésente (on aura rarement vu une representation aussi impressionante de l'impuissance que lors du passage où Tonny n'arrive pas à bander alors qu'il a engagé deux prostituées). Pusher II est une oeuvre d'une extrême noirceur et d'une efficacité sidérante (une fois de plus le milieu du petit banditisme est parfaitement décrit), la note d'espoir sur laquelle il se termine n'en prenant alors que plus d'ampleur et de puissance. De très loin le meilleur film du lot.
Dans la foulée, Refn complète la trilogie avec Pusher III : I'm the angel of death. Des trois films, Pusher III est celui qui affiche le plus ouvertement ses influences. En centrant le récit sur la journée épuisante de Milo, le Traficant serbe des deux premiers films qui doit gérer en parallèle la preparation d'un repas d'anniversaire pour sa fille et un deal perilleux avec une bande de gangsters albanais, Refn signe une variation evidente autour du dernier tiers des Affranchis de Scorsese. Le ton est ici celui de la farce tragic-comique rondement menée sur un rythme frénétique, mais Refn ne se départit pas pour autant de la mélancolie qui marque au final l'ensemble de la trilogie. (Milo apparait ici comme un vestige du passé, vivant un dernier baroud d'honneur), et signe encore une brochette de scenes mémorables, au premier rang desquelles un decoupage de cadavre plus remuant que tout ceux que le cinema nous aura proposes jusque-là.


http://www.mad-movies.com/fiche.php?id=464

Note (17/20)



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# Posté le lundi 17 décembre 2007 06:46

Modifié le vendredi 28 décembre 2007 13:50

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